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L'OPERA S'ARRETE QUAND LA GROSSE DAME A FINI DE CHANTER (Jock Ewing)
"Les Indéfendables" c'est fini.
Plus le temps, plus le courage.
Restent quatre ans (2004 -2008), de révoltes, larmes, et bitures. Des conneries avec ou sans noms.
J'ai rassemblé ce qui me parassait le mieux. Histoire que ça reste, comme ça.
Exercice narcissique, mégalo, estival et fainéant. Tout moi (Sauf pour estival) (Je préfère l'automne, le gris, la flotte. Je passe "The Partisan" dans les soirées salsa dés que le DJ a le dos tourné)
Je ferai désormais dans le cours terme, ici :
http://mitchcoooper2.blogspot.com/
Et pour la gloire, donc, Best of Remasterisé en 26 notes...
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INGRID, EST - CE QUE TU BAISES ?
… Je regarde cette Farc qui n’atteindra jamais la dune, comme elle je me couche sur le sable, comme elle je me retourne en arrière et je me souviens, il y a un six ans, il y a un siècle, il y a une éternité….
Fille d’un ancien ministre de l’éducation et d’une reine de beauté (imagine la fille de Bayrou et de Sophie Thallman, ça fait très « La chaîne du Cheval »), Ingrid Betancourt est née à Noël. Sarko et ses proches ont fait le rêve de la voir libre pour les fêtes. Il s’en passe des trucs pendant ce rêve, ça commence à avoir un côté Pamela Ewing. Un matin elle ressortira peut être de la douche sans prévenir. Y’ a intérêt d’ailleurs parce que six ans dans la brousse ça doit sentir le vestiaire des Knicks jusque dans la ligne droite des stands. En attendant ses enfants militent pour son entrée au Guiness de l’otage française la plus longue durée. Si on compte les os – et force est de constater que c’est à peu près tout ce qu’il lui reste – Michel Seurat lui explose la boîte. (même s’il reste bien dedans, rassure-toi, on a nous l’a rendu en pièces détachées.) On peut toujours rêver, Céline Dion vient d’être libérée du Caesars Palace après cinq ans de détention et avec au final une coupe de cheveux similaire, même si Ingrid indique perdre un peu les siens, parce qu’elle le vaut bien. (Liliane, fais les valises, on s’en va…)
C’est dommage, l’était plutôt bonasse Ingrid, on peut comprendre que tu la gardes plus longtemps que George Malbrunot. A mon avis, y’a du syndrome de sodome là dessous. (Enfin, une fois passées les premières semaines de tourista) Espérons qu’ils lui feront pas le coup du baron - ne mets pas tes doigts sur les portes, tu risques de te faire pincer très fort – Empin, ça risque de compliquer les cent ans de solitude.
En tout cas pour son come back, on lui a trouvé un mec. (Non, pas Rouillan, t’es con. Le pauvre, ça fait déjà vingt ans qu’il se tape des planches, la forêt amazonienne ça va aller).
Le casting des Sarkozettes est pas terminé. Le Nain a déjà sur sa liste Laure Manaudou (Là, tu les as aussi les photos avec le point de vue), Sandra Lou toujours dans les bons coups, et pour faire comme tout le monde, Marie Trintignant . Sandrine Kiberlain. Comme t’as pu le voir dans le clip, pour le coup, Ingrid, elle a la taille mannequin. En la poussant un peu, elle pourrait même te susurrer un ptit « More Than Words » (Je suis EXTREMEment fier de celle là). Choper une otage, après une cocogirl, une journaliste et une conasse qui chante, ça le ferait grave, un coup à te rendre populaire de Paris à Bogota. (De Florence à Aubenas aussi d’ailleurs) La dissidente colombienne c’est quand même plus chaudasse que l’infirmière bulgare ou le chauffeur syrien. Ceci dit notre président à quatre consonnes et trois voyelles, il devrait faire gaffe à ce qu’il va choper sur I.B. (Ou sur Amazone, ah ah) Le chancremou carioca ou le chikungunia du cul, ça risque de lui chauffer le télétubbie. Pour assurer le coup, en plus du spot, Ingrid aurait dû poster les radios comme Manaudou, histoire de consulter en ligne. Pour toi, ma chérie, viens voir le docteur...
Reste à convaincre les princes du Farc. Fillon est prêt à les accueillir, c’est ça aussi l’immigration choisie. Les guérilleros ont envoyé la première vidéo pour quedalle, mais c’est une arnaque. Z’ont piqué le truc aux éditions Atlas : le premier DVD est gratos, après c’est deux pour le prix d’un (Clara Rojas et son gamin) et derrière tu banques le prix TTC. En monnaie d’échange, il nous reste les infirmières bulgares, le rafale et Djibril Cissé.
C’est pas gagné. Viva la revoluzion.
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ET LES KEUFS, ET LES MEUFS, DANS LE RER
: Il s’appelle Gerard Gachet et t’en as jamais entendu parler. Pourtant il a été directeur de la rédaction « Valeurs Actuelles ».( Là tu comprends mieux pourquoi tu connais pas.) Le 27 Novembre, il a mis en ligne sur son blog un post dont je te file le lien par honnêteté intellectuelle, bien qu’étant ni honnête ni intellectuel, (mais tellement beau gosse.) http://gachetblog.typepad.fr/ Bien évidemment tu ferais mieux de consacrer ton temps à mon texte ci dessous, (légitimé par mon statut d’ancien rédacteur au magazine « Super »)largement supérieur en qualité stylistique.
Comme tout le monde, Gérard Gachet nous précise avoir été ému et choqué par la mort d’Anne-Lorraine Schmitt décédée des suites d’une agression dans une rame du RER D. Dés le départ, Dgé tient à justifier son intervention « Le pire, c'est que je connaissais cette jeune fille ». Donc tu vois elle est morte, mais y’a pire : je la connaissais. Je suis triste les mecs, appelez Interflora, Même Valeurs Actuelles ils m’ont dégagé, j’ai pas d’amis. Si j’avais été dans la pub SFR à place de Matthieu, celle où on voit les potes de son répertoire, on y aurait vu mon livreur de sushis et le type du service client, ça aurait pas coûté cher en figuration. Tu vois Gérard, je comprends ton désarroi. Moi, quand Marie Trintignant est morte, j’en avais rien à foutre. Je la connaissais pas, je regardais pas «Joséphine Ange Gardien». Pareil pour Ingrid Bétancourt, je l’ai même pas baisée. (Oui parce qu’elle est morte elle aussi. On voit bien que c’est pas la même actrice, on est pas cons, on nous a déjà fait le coup avec Jock Ewing)
Gachet nous fait ensuite l’impressionnant CV de la demoiselle. C’est dommage, une jeune fille si douée. C’est sûr que pour la croissance ça va pas aider si on zigouille l’élite de la nation avant même qu’ils se barrent tous à Gstaad. Il aurait pas pu nous rayer de la liste une agent d’entretien au chômedu le délinquant ? L’a pas été foutu de nous trouver une illettrée sortie de Zep ? Dans tout un RER ? Il se fout de notre gueule le turc !
Oui, parce que ça aussi Gerard se fait un malin plaisir de nous préciser la chose : Un délinquant sexuel récidiviste d'origine turque. Donc voilà, t’as compris ; c’est pas Emile Louis délinquant sexuel récidiviste d’origine bourguignonne. Là, pour le coup la Turquie, elle est rentrée profond dans la zone Euro Je suis un homme, pas besoin d’un référendum. Ça au moins on pourra pas le mettre sur le compte de la bite des noirs. Non, merde, encore les turcs. Le génocide arménien, Besiktas et les chiottes debout, ça commence à bien faire.
En fait ce qui lui fait de la peine à Gégé, c’est qu’ Anne Lorraine, c’était une bonne chrétienne. Elle avait été scout et personne l’avait encore violée, c’était pourtant déjà pas si mal. Ç‘aurait été une normalienne athée, une polytechnicienne non pratiquante il aurait trouvé ça plus cool. Là c’était une fille sérieuse, elle prenait le RER le dimanche matin pour se rendre à la messe chez les vieux. Ç’aurait été une fumeuse de oinj revenue d’une rave gothique passée à sucer des bites dans les chiottes des mecs, ç’aurait été justice divine, pour Gérard. Merde, c’est toujours les meilleurs qui partent les premiers. Regarde Giscard.
Pourtant "elle aura réussi à le blesser en retournant son arme contre lui". Pour Gérard la loi du talion ça marche. On voit pourtant par la suite qu’avec l’utilisation arbitraire des flashballs et matraques, il pense pas exactement la même chose. Monsieur il est journaliste il suit l’actualité, alors il fait le parallèle avec le reste du flash info. (Rien sur Britney à poil au rayon lingerie, pourtant sur la mise à l’air y’ avait un truc à faire avec la délinquance scout) Et prend le RER D pour Villiers le Bel et les émeutes survenues suite au décès de deux adolescents. "Leur mort, on le sait, sert depuis deux jours de prétexte à l'embrasement de plusieurs communes du Val-d'Oise"
C’est con ça, parce que les gens ils étaient devenus heureux en banlieue. Depuis Clichy, les contrôles au faciès avaient disparu, les plans Borloo distribuaient du bonheur, l’Euro fort avait fait baisser le cours du shit, on allait se baigner dans la Seine, on était déjà au paradis des mille vierges, les pauvres étaient heureux car le royaume de Dieu leur appartient. Et puis là boum, au premier concours de stock-car c’est le bordel. Bing, on bute l'archiduc François Ferdinand et c’est la guerre mondiale alors que tout le monde s’aimait d’amour.
Ce qui l’énerve c’est que le président ait reçu les familles de Moushin et Larami avant de dire s’il allait venir à l’enterrement de la miss. D’abord il les reçoit pour constater le boulot. « Ces racailles vous ennuient ? On va vous en débarrasser ». Les forces de l’ordre appliquent les consignes. Il décide, ils exécutent. Il a dit ce qu’il ferait, il fera ce qu’il dit, il vient de le redire. (Il va le refaire alors ?) (Ta gueule…)
Mais selon Gégé c’est encore trop d’égards pour "des délinquants responsables de leur propre malheur." Tu m’étonnes, rouler à mini moto sur la pelouse ça mérite la mort. C’est pas toi qui tond connard ! Gérard aussi, a vu la cassette vidéo, puisqu’il sait que la police était en patrouille et la mini moto à grande vitesse, sans casque, putain c’est l’équipée sauvage.
Moi j’ai pas plus confiance en vidéo gag qu’en les rapports de Rosco. Par contre j'ai toute confiance en la justice de mon pays pour démontrer qu'à coup sûr, les deux morts n'ont pas tiré sur les flics le lendemain.
Dans son emportement Gérard défend sans doute les majorités silencieuses. Moi je préfère les minorités qui l’ouvrent. En cassant, grévant ou chantant.
La parole quand on te la donne pas, faut la prendre.
(Un peu comme une bourgeoise qui se trimballe le dimanche dans le RER, ah ah ah)
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HISTOIRE DES GREVES
Histoire des grèves
Si le droit de grève n’ a été reconnu en France qu’entre 1936 et 2006, on peut dire que cette coutume nationale est depuis longtemps ancrée dans nos traditions. Voilà, ça c’est une pure intro, comme celle de tous ces connards de lycéens qui font VRAIMENT les exposés qu’on leur donne à faire. J’ai toujours trouvé ça désespérant les exposés. Rien qu’à me remémorer l’enthousiasme des petits groupes s’organisant le partage des tâches ça me donne envie d’aller me déguiser en collégienne gogolle et sexy et me balader dans l’Yonne à la nuit tombée. Quand mes enfants auront des exposés à rendre, je leur achèterai du shit.
La grève ça a toujours été une couillonerie. Le premier gréviste, c’était un gréviste de la faim, il s’appelait Judas. « Les mecs j’ai pas la dalle, j’ai pas envie de bouffer le pancréas à Morrisson. J’suis sûr qu’il a le dass, il a été fécondé in Vitraux. A cette époque les personnels sanitaire et social se lavaient pas les mains, j’ai pas envie de finir comme Guillaume Depardieu » En fait ce salaud de cégétiste est allé balancer les fouteurs de merde au patron, tu vois c’était comme ça bien avant mai 68.
La grève de la faim ça a pas fait long feu, tapes George Séguy dans Google – Images tu verras que je dis la vérité En France le concept est arrivé plus tard. Les rois, fonctionnaires de droit divin se contentaient de rien foutre, passaient leur temps à prendre des RTT et leur retraite, on appelait déjà ces enculés, les rois fainéants, encore un truc qui date pas d’hier. Puis il y a eu Louis IX qui a repris le principe de la grève des juifs. La grève des juifs c’est aussi simple que la grève des transports, sauf qu’au lieu qu’il y a plus de transports, y’a plus de juifs. A l’époque la grève était populaire puisque Louis IX fut décoré de l’ordre du mérite catholique. A l’époque l’Eglise catholique était fière de ces massacreurs de youdes, elle les canonisait. Huit siècles plus tard, un peu honteuse, elle préférera les planquer dans des couvents.
Il faudra ensuite sauter, tel un jerrycane de foutre de Ducruet sur la tronche à Nathalie Marquay, jusqu’à Napoléon et l’organisation pyramidale de la fonction publique, l’histoire Wikipedia retiendra que c’est un Corse qui a inventé les préfets. Pourtant au XIX ème siècle la grève ne fut pas l’œuvre du secteur public. A l’époque tu bossais à 5 ans, avec l’espérance de vie à 45 tu faisais tes 40 annuités, comme quoi dans le privé c’est vraiment pas des fainéants les mecs. Pourtant ils trouvaient en plus le temps de faire la grève et Paris Roubaix le dimanche. A l’école tu as étudié Germinal - quand les profs étaient pas en grève ou en dépression parce que tu montrais ton cul pendant les exposés -, et Zola raconte bien comment les furies grévistes arrachaient les couilles des flics, comme quoi on a emmerdé Joey Star pour vraiment pas grand chose. Comme à l’époque on pouvait pas leur dire « les mecs vous allez bosser sinon on embauche des chinois », les flics les descendaient avant même qu’un seul n’ait songé à chanter « Non Non Non aux réformes des retraites» sur l’air de Milord dans une sono pourrave montée à l’arrière d’un J9 d’occase dans lequel même Nathalie Marquay sucerait pas des bites pour dix keusses.
En 1936 fut tentée l’expérience de la grève sous gouvernement de gauche. Ce fut une cata, les mecs en profitèrent direct pour négocier des vacances. On se mit à flipper de ce qui pourrait se passer la fois où un gouvernement de gauche accèderait à nouveau au pouvoir. Fort heureusement, cela n’arriva plus jamais. Plus loin dans le monde, on découvrit aussi le gréviste le plus con, un certain Gandhi qui fit la la grève de la violence. Le Medef local s’en débarrassa pour le prix d’une douille, ce qui me fait dire que finalement Poll Pott aura été plus utile que lui à la cause des damnés de la terre.
En Mai 68, les étudiants en grève retinrent la leçon et brûlèrent les bagnoles Boulevard Saint Germain. Pas cons, les mecs de Clichy, 30 ans plus tard, reprirent le concept en se mettant eux aussi à brûler les caisses en bas de chez eux.
Comme te l’a dit Sarkozy, à cette époque, beaucoup d’étudiants-gosses de riches-nihilistes sartriens –maoïstes firent la grève : les étudiants gosses de riches nihilistes sartriens –maoïstes des usines Renault, les étudiants gosses de riches nihilistes sartriens –maoïstes métallos, les étudiants gosses de riches nihilistes sartriens –maoïstes dockers etc…
On passe à la grève de 95 où c’est F.O qui a gagné, mais du coup, c’est à eux d’organiser la suivante, comme à l’Eurovision. Comme ça les fait chier, alors ils font exprès de perdre. Abandonné de tous Bernard Thibaut qui doit gérer les prochaines prudhommales se retrouve bien seul et tout le monde continue à se foutre de sa gueule à cause de sa coupe de cheveux de Moody Blues. Toi tu t’affoles pas il te reste Manuel Valls pour te défendre… Je te l’avais dit, l’histoire des grèves ça reste une immense couillonade.
Voilà tu peux aller faire ton exposé à la fac et rejoindre les conasses qui râlent contre le blocage parce qu’étudier la socio c’est sérieux et qu’un an d’études de perdus à l’université, c’est quand même un an de chômage de foutu en l’air.
L’autre jour même les flics ont fait grève, c’est dire à quel point on se moque de nous.
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MERCI MADAME
Alors que les vautours, sous une étrange apparence éléphantesque, se disputent déjà le cadavre, nous voulons vous dire, Madame, notre merci. Merci d’avoir porté nos combats, nos espoirs, nos valeurs, avec ce si beau sourire adressé à la France. A l’heure où l’on perçoit déjà le vol noir des corbeaux sur nos plaines, merci d’avoir montré le sourire de la fraternité et de la main tendue face à l’aigreur et au ressentiment perceptibles toute cette semaine sur ces visages qu’on sentait désireux, avides, de voir régler son compte au voisin, à l’étranger. A l’Autre, l’enfer… Merci de cette beauté que vous avez étalée à la face d’une France aigrie, rance, et plus prompte à sauvegarder sa propre misère qu’à s’unir à ceux qui souffrent. Merci de nous avoir rappelé qu’assistance, c’est un très joli mot. Merci d’être restée belle quand la jalousie des unes et le machisme des autres, qui se lisaient sur les visages ,tentaient de nous imposer la laideur de leur propre frustration . Merci d’avoir continué d’avancer sous les crachats, souvent venus de notre propre camp, nous montrant le chemin à suivre, maintenant que la gerbe morale, sécuritaire et socialement rétrograde va nous tomber dessus. Merci d’avoir montré ce courage d’aller jusqu’au bout, ce courage qui a tant manqué à la gauche quand elle était au pouvoir. Oui, un manque de coeur, de souffle, de courage que nous payons ce soir encore bien cher Merci surtout d’avoir rendu à la France, à la Gauche, cette capacité à s‘indigner, merci de nous avoir redonné le goût si enthousiasmant des colères saines. Merci d’avoir haussé le ton quand tant de travailleurs, d’immigrés, de précaires et de malades vont encore avoir besoin qu’on s’exclame pour eux. Merci d’avoir convaincu jusqu’aux plus sceptiques de se lier à vous, parce qu’unis dans toutes nos différences nous ne pouvons qu’être plus forts. Bravo de ne pas nous abandonner, de ne pas quitter lâchement et « définitivement » le combat que nous avons tant besoin de vous voir porter, avec toutes ces indignations salvatrices que nous avons besoin d’entendre encore. Nous ne laisserons pas s’évaporer ni vos colères qui nous ont touché au cœur, ni ce sourire qui nous a poussé à croire encore qu’une France plus solidaire et unie était possible, était à conquérir, était à défendre. Nous ne vous abandonnerons pas, nous vous voulons pour porter notre drapeau avec le même sourire que celui qui nous a encouragé - jusqu’à votre discours de ce soir - à continuer le combat. Demain aux législatives, après demain sous les banderoles syndicales. Merci de nous avoir rendus encore plus fiers d’être de gauche, encore plus fiers d’être souriants, encore plus fiers d’être debout. Madame, ce soir, du fond de notre peine, nous vous embrassons.
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AUX GRANDS HOMMES, LA PATRIE RECONNAISSANTE
J’ai toujours respecté les traditions. Il est 4 heures du matin, dans les toilettes high tech de chez Fabio et en ce jour de fête nationale, elle est facile, mais c’est à mon tour de poser ma gerbe sur le soldat inconnu. Soldat-trône pas si inconnu que ça, là je l’ai baptisé César. Parce qu’avec un peu d’avance je lui rend ce qui lui aurait appartenu de toute façon. La scène a d’ailleurs quelque chose de Césarien, de Césarienne même, je développe pas mais sache qu’il s’agit d’une histoire de gros morceaux qui tombent d’un seul coup, tu lis ça lundi matin, je préfère t’épargner. Comme un condamné à mort, je revois le film de la journée qui me revient par le menu. Par le menu et dans le désordre si tu vois ce que je veux dire.
Ça a commencé tôt. On déjeuné tôt avec Pat et Olivier. Le 14 Juillet c’est un parcours toujours sacré. Il ya toujours d’abord l’étape du tour suivi sur du gros braquet. Il ya deux ans avec Juju, j’avais descendu un côte de Provence et un Sauvignon en solo, Juju m’avait suivi avec un pack de 18. Quand Hincapie avait lâché Brochard dans le Plat D’adée on était passé à la vodka. Là, le déjeuner tâché de rouge terminé, on file s’installer devant France 2. Pat et Olive ont mis leur compte au bal des pompiers la veille, je dois me réserver pour le soir. On va y aller cool. Un pack de 24 pour la dernière ascension, ça devrait aller. Piou appelle pour savoir le résultat, on t’entend pas ma poule, Olga, Svletlana et Mariana s’occupent de nous, on nous les a vendus avec la bière et je te passe Olive, y’en a une qui vient de s’asseoir sur mon visage. Après un quart d’heure de conversation décousue, Piou raccroche sans en avoir plus appris sur l’étape du jour que sur la réforme agraire. On est en forme, donc.
Le soir au programme, il y a le traditionnel visionnage du feu d’artifice de la terrasse de chez Fabio. L‘an passé on avait poursuivi par une virée des bars. Je me revois remontant la rue de Rennes à l’aube avec un Fabio persuadé qu’il y avait un boîte à partouze à chaque prochaine rue à gauche. Tout ça pour finir à ingurgiter à un grec dégueu acheté Rue D’Odessa et avalé au dessus d’une poubelle pour pas en foutre partout, à 7 du mat.
Avant cela, Pti Cœur a répondu favorablement à une invitation crémaillère à Aubervilliers. Immeuble entre canal abandonné et Zone industrielle, un truc où tu vas habiter que si les cantons voisins t’ont expulsé et qu’une horde d’infirmières bulgares seringuées jusqu’aux dents sont lancées à tes trousses. Les gens, bien que membres du conseil syndical de leur immeuble sont assez cool. Quand ils commencent à discuter déco intérieure, je me rends compte que j’ai quand même plus à échanger avec le saladier de ponch.
Plus tard la chaleur et les talons hauts ont malheureusement eu raison de ptit coeur et c’est donc en solo que je débarque chez Fabio, j’ai loupé le feu d’art’ comme l’an passé, de toute façon, ça fait déjà une bonne heure que j’ai arrêté de voir. Monf m’accueille à deux feuilles ouverts, il est comme ça Monf, il a le sens de l’accueil. Picard me tend un coupe de Champ’ et Fabio me renverse un pastis pour me souhaiter la bienvenue. Tout va bien. Je négocie un bon deal avec Guillaume sur le pète : je tire dessus comme un gros porc, vu que je viens d’arriver. En échange je lui passe tout de suite après. Guillaume est en forme, il raconte n’importe quoi, c’est cool. Doud est bien là, mais juste pour le week end. Les mesures fiscales de Sarkozy ne seront pas suffisantes pour le faire revenir de son exil. Je suis déçu ; moi grâce à Sarko je vais rien payer sur l’héritage et mon père va pouvoir éviter l’ISF en me filant un peu de fric défiscalisé en plus. Si j’avais su que c’était ça le programme social de la droite, j’aurais voté pour eux. En équilibre sur la chaise face à l’ordi pour jouer au DJ, je réussis à enchaîner « Hungry Heart », « Paint In Black » et « Girls Just Want To Have Fun ». 35 ans et des réflexes intacts. Puis il y a du rhum, du vin blanc, un coup de fil des voisins, « Kool and the Gang » à donf, un autre coup de fil des flics…
Je relève la tête face au chiotte qui semble me regarder comme si je venais de lui proposer de participer à « Vis ma vie ». Je pense aux heures pénibles qui vont suivre. Bientôt Doud va m’annoncer qu’on a honoré la patrie comme il se doit. De la part d’un exilé fiscal, ça vaut ce que ça vaut. Je vais repartir sûrement avec Picard. Picard, tant qu’il peut ingurgiter quelque chose il tient debout. C’est quand il y arrive même plus à avaler l’oxygène qu’il faut qu’il rentre. Il va falloir trouver un conducteur inconscient, un taxi fatigué ou un chauffeur syrien pour traverser la capitale au petit matin Il va falloir passer la journée avec un taux de Doliprane dans le sang qui avoisine avec les 4 000 grammes. Se coltiner la bouffe fainéante à 17 heures dans un mac Do bondé. (La prochaine fois j’y abandonne une gosse, on fera peut être attention à moi plus vite, et ça prendra pas trois plombes pour un double cheese.)
Je me redresse comme une indice de chômage avant les élections. La musique s’est arrêtée, un brouhaha de conversations parvient à mes oreilles, et par delà les bruits confus, j’entends ça et là une voix répéter à la volée : MOI J’ENCULE.
Fabio est donc toujours vivant et c’est déjà une bonne nouvelle.
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LE PETIT PRINCE EST MORT
Le muscat de Dimanche me fera moins chanter.
Il y a des deuils populaires qui vous transpirent les larmes. Diffusez moi le « Temps des Cerises » par Coluche au violon – gants de boxe, et je ne me donne pas dix secondes pour en chialer encore. Et puis il y a ceux qui glacent le sang. C’est un iceberg qui s’est coulé par mon dos quand j’ai appris le décès à 24 ans, de Grégory Le Marchal grand vainqueur de la Star Ac 4.
Curieusement je n’ai pas gardé grand souvenir de nos premières interviews ensemble, en coulisses du prime, dans les loges trop affairées de La Plaine Saint Denis. Toute la presse n’avaient d’yeux que pour lui, tout était trop pressé. J’ai assisté sur le plateau à sa victoire et c’est à la conférence de presse qui a suivie immédiatement après que je l’ai trouvé touchant pour la première fois, scotché, ébahi. Je me souviens de l’agent de sécu qui avait laissé échapper le trophée de ses mains et qui s’était fendu en deux. Greg avait aussi explosé la finale, élu avec un score chiraquien. Lui-même d ‘ailleurs n’avait pas hésité plus tard à me confier sa sympathie pour le président sortant. Rare confidence puisque Matthieu Johann et Nolwenn mis à part, (tous deux à gauche) peu de ces apprentis artistes exprimaient une opinion, à vrai dire peu en avaient une.
Et puis nous nous sommes revus selon les schémas bien établis par l’enchaînement des saisons. Rue des Fossés Saint Jacques pour le single, aux répétitions de la tournée à Divonne les Bains, et sur cette même tournée à Marseille, à La Rochelle. Chaque fois, il accueillait les journalistes par leurs prénoms. Chaque interview était souriante. Il n’esquivait aucun sujet. Il fallait juste le questionner avec tact et respect. Il avait une attitude chaleureuse avec ceux d’entre nous qu’il appréciait côtoyer. Jean Rémy, Céline ou Caro-Live For Ever vous diraient la même chose. Il n’était pas méfiant avec la presse, mais pas flatteur non plus. Pas le genre à vous sauter dans les bras façon « T’es mon pote ». Même si, en sortie de scène, nous nous sommes plusieurs fois hugués On rigolait. Même lors des interviews par téléphone, il avait droit à sa petite vanne sur l’OM. Et quand il pouvait m’en sortir une bonne, il ne se privait pas. Il m’est même arrivé de les retranscrire.
Avec lui, Endémol ne s’était pas privé de jouer l’assurance maladie pour faire pleurer les chaumières et assurer l’audimat compassion. Il serait absurde de le nier. Même si lui même a toujours refusé de se prêter à ce jeu, repoussant plusieurs fois des projets de biographies larmoyantes et rémunératrices. Il serait cependant encore plus absurde de nier ses dons d’interprètes hors du commun. Et cet éclat magique qui le faisait transcender d’émotion jusqu’à des répertoires parfois franchement moyens, comme toujours en pareil cas. J’était aller le voir en concert à l’Olympia. J’ai la reconnaissance du ventre, je me suis toujours déplacé pour voir les anciens académyciens gravir leurs scènes en solo, les plus grandes comme les plus modestes. Mes indemnités de licenciement leur doivent beaucoup. Sur scène Greg éclatait, brûlait d’une énergie éblouissante ; ébouriffante. Sa version de « The Show Must Go On » me descendait souvent quelques poignées de larmes salées. Les plus grands artistes de tout temps, ont toujours puisé aux tréfonds de leurs failles et souffrance tout l’éclat de leur talent. Il y avait en lui ce feu brûlant dont sont faits les grands noms de la scène.
Les dernières fois que je l’avais croisé il avait repris du poids. Je le trouvais mieux. La dernière interview que nous avions faites, l’automne dernier si je m’en souviens bien le fut par téléphone. Rien n’avait bougé de notre professionnelle mais sincère affection.
Je ne veux pas savoir si ces années de vies à cent à l’heure ont accéléré sa fin. Parce que lui même n’y aurait rien changé. Il avait choisi de tout balancer, pour sa passion d’une vie. « It’s better to burn out than fades away ». Ça tient aussi pour lui. Beaucoup de punk rockers planqués dans leur confort underground ne donneront jamais autant de leur sang à la scène que Grégory l’a fait.
Canaille et petit prince, il reste l’un des personnages les plus touchants que j’ai pu croiser.
Son idole la grande Céline - dans l’un des tire larmes les plus bouleversant jamais écrits par Goldman – chantait ces quelques lignes :
« Vole, vole mon amour Puisque le notre est trop lourd Puisque rien ne te soulage Vole à ton dernier voyage Lâche tes ailes épuisées Vole, tu l’as pas volé »
Salut Ptit Prince. Repose en paix.
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